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3 questions à Roger Dachez sur son Précis de maçonnerie de la Marque

3 questions à Roger Dachez sur son Précis de maçonnerie de la Marque

Roger Dachez, vous venez d’éditer votre Précis de Maçonnerie de la Marque aux Éditions de la Tarente. Permettez-nous de vous poser quelques questions à son sujet.

Les Éditions de la Tarente : Précis de Maçonnerie de la Marque ? À quoi va servir ce livre aux pratiquants de ce grade ? Voire de ces grades puisqu’il y a un appendice sur le Nautonier.


Roger Dachez : Le grade de la Marque — il faudrait en effet presque dire « les grades », car il en existe des compléments, et je ne parle pas seulement des « Nautoniers » (ou Mariniers) — est à la fois bien connu en France puisque plusieurs milliers de francs-maçons le pratiquent dans notre pays, et très mal connu, car pratiquement aucune documentation n’existe à son sujet en langue française — hormis ce que l’on trouve dans les rituels, bien sûr, et la traduction de l’ouvrage classique d’Inman, très utile pour l’exécution rituelle, mais sans doute un peu succincte sur toutes sortes d’autres aspects. J’ai donc pensé qu’il fallait combler un vide.

La Marque est une maçonnerie d’une grande profondeur, mais les thèmes qu’elle exploite sont souvent obscurcis par l’atmosphère un peu « burlesque » que l’on tend parfois à créer autour de ses cérémonies, ce qui, je crois, est regrettable. En un mot, j’ai voulu rassembler dans ce livre ce que l’on ne trouve à peu près nulle part en français sur ce beau grade : son histoire, ses sources d’inspiration, ses vérités et ses légendes, ses variantes, etc.

E.T. : La Marque est un Side Degree, il y en a d’autres… y aura-t-il d’autres précis de ce genre sous votre plume ?


Roger Dachez : Oui, bien sûr, notamment sur l’Arc Royal (Royal Arch souvent traduit par « Arche Royale » en France, et je m’expliquerai sur le choix de traduction que je fais), qui n’est pas à proprement parler un Side Degree, mais, selon la logique anglaise, le complément nécessaire et le couronnement du grade de Maître. Un volume entier lui sera consacré, ainsi qu’aux cérémonies qui lui sont associées, comme celle du Passage des Voiles (Passing the Veils), d’un très grand intérêt. Cela se justifie aussi par le fait que ce grade est sans aucun doute l’un des plus beaux et des plus riches de toute la maçonnerie.

Il y aura aussi un volume sur les grades « cryptiques » (Maître Choisi, Maître Royal, Très Excellent Maître, Super Excellent Maître), qui sont d’ailleurs plus américains que britanniques, mais occupent dans le fil légendaire des grades anglo-saxons une place essentielle : ils font le lien entre la Marque et l’Arc Royal, bien qu’on les reçoive généralement après avoir reçu les grades précédents. Là encore, il y a beaucoup à dire sur la séquence, l’ordre dans lequel tous ces grades sont conférés, aussi bien en Angleterre, en Écosse ou en Irlande, qu’aux États-Unis ou en France : il existe plusieurs variantes et j’essaierai de montrer quelle succession permet au mieux d’en comprendre l’enchaînement.

En fait, tous ces grades sont une invitation à revivre des épisodes bibliques : mieux vaut le faire dans le bon ordre.

Un jour, je consacrerai peut-être aussi un livre à la question de « l’Installation secrète » (Inner Working) qui existe dans pratiquement tous les systèmes de grades britanniques, dans les loges du Métier (Craft Lodges), mais aussi dans le Side Degrees, et sur le sens de cette importante tradition que notre pays a pratiquement complètement ignorée jusque dans le premier quart du XXe siècle.

Bref, les sujets ne manquent pas…

E.T. : Vous êtes un écrivain prolifique qui sortez vos livres dans des maisons d’édition prestigieuses. Pourquoi avoir confié ce titre aux éditions de la Tarente ?

Roger Dachez : Je pense que le monde de l’édition maçonnique, que je connais bien et où je publie depuis près de vingt-cinq ans, change beaucoup — et la pandémie va sans doute accélérer ce processus. J’ai le sentiment qu’il y a un avenir pour les maisons qui, avec modestie et rigueur, s’appliquent à publier soigneusement des livres un peu exigeants qui s’éloignent des « produits de consommation courante », si l’on me permet cette expression. Disons qu’il y a et qu’il y aura toujours des livres « génériques », des « manuels de symbolisme » qui répondent à un besoin et sont peut-être — mais cette opinion n’engage que moi — un mal nécessaire bien qu’elles n’apportent pas grand-chose à la connaissance en profondeur de l’univers complexe de la franc-maçonnerie : on y répète tous les clichés et les phrases toutes faites du quotidien des loges ; ce sont des aide-mémoires pour « faire des planches ». Et puis il y a des ouvrages sans doute un peu plus difficiles en apparence — mais un minimum d’effort intellectuel est nécessaire pour saisir le fond même de la franc-maçonnerie — qui vont séduire un public maçonnique lui-même désireux d’un contenu plus substantiel — je pense notamment à la publication de thèses doctorales rendues ainsi accessibles à un large lectorat. Il y a des éditeurs à taille « humaine » — ou « artisanale », et c’est un compliment à leur faire — qui sont disposés à faire ce travail et connaissent sans doute mieux que certaines grandes maisons le public susceptible de s’y intéresser. Naturellement, il n’y a aucune raison d’opposer les unes aux autres, elles ont toute leur place, mais il me paraît juste de dire que les éditions de la Tarente — pour ne pas les nommer — occupent aujourd’hui un créneau de qualité. C’est une des raisons de mon choix.

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